De la recherche à l'action en éducation et promotion de la santé

Une publication bimestrielle de l'IREPS Bretagne
N°6 / décembre 2010

L’accès au savoir scientifique ressource, renforce les connaissances, conforte les savoir-faire, aide à innover.

« Echos des labos » propose une sélection de résultats de recherches, de rapports, d’expertises, assortis de leur traduction en pistes pour l’action en santé publique.

Au sommaire de ce numero :

Promotion de la santé et transformation sociale

Le dialogue délibératif au service de la prévention spécifique


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Promotion de la santé et transformation sociale

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Le document

Nexus Santé, anciennement Centre ontarien d’information en prévention, est une organisation caritative dont la mission est de soutenir organismes et individus dans la mise en œuvre de stratégies de promotion de la santé. Fondées sur la Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé, « ces stratégies sontaxées sur les déterminants sociaux de la santé et ont pour but d’améliorer le bien-être de la communauté ». L’organisme produit et met à disposition « des ressources imprimées et en ligne sur la promotion de la santé », propose « des activités et ateliers éducatifs, des consultations et des conseils, ainsi que des recommandations destinées à d'autres sources d'information et de soutien ». Nexus Santé est subventionné par le Ministère de la Promotion de la santé, le Ministère des Services à l'enfance et à la jeunesse, la fondation Trillium de l’Ontario, l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada.

La trousse « Initiative intégrée en promotion de la santé / Hélène Roussel (coord.). Toronto : Carrefour de la promotion de la santé, Nexus Santé, 2010. 29 p. http://www.nexussante.ca/latrousse/creative_services_fnl_lr.pdf

 

Des connaissances…

vers la pratique …

> Les caractéristiques d’une approche intégrée

L’approche intégrée en promotion de la santé a pour objectif « la transformation sociale et économique nécessaire à la résolution des nombreux problèmes de santé communautaires ».

L’Agence de santé publique du Canada et le "Caledon Institute of Social Policy" caractérisent l’initiative communautaire intégrée par ses dimensions :

• globale : elle vise l’amélioration de la qualité de vie des individus, des familles et des communautés en prenant en compte plusieurs problématiques ; elle s’attache à renforcer les capacités d’une communauté, par exemple face à des questions telles que la violence, et à développer des initiatives, par exemple de lutte contre la pauvreté

• multisectorielle : « elle crée des liens entre divers secteurs et favorise la création de réseaux dans toutes les sphères d’activité et niveaux d’expertise qui peuvent influencer la solution et y contribuer »

• à long terme : à partir d’une « problématique stratégique de départ », elle développe les collaborations et le partage d’informations entre secteurs et permet que « des relations durables » s’établissent entre eux

• dynamique : elle mobilise les ressources de l’ensemble des acteurs pour « réaliser le plein potentiel et transformer l’environnement »

• inclusive et équitable : dimension prioritaire, elle intègre tous ceux qui sont concernés par l’enjeu et veille à ce qu’ils puissent exercer une « pleine participation » au sein de la collectivité

• méthodologique : en particulier, « elle est fondée sur des données probantes et/ou pratiques prometteuses », elle planifie un travail réflexif sur l’action, développe « l’apprentissage fondé sur la pratique » et accorde une valeur positive aux changements

> Mettre en œuvre une approche intégrée

Les acteurs peuvent progresser vers une approche intégrée en interrogeant les points suivants concernant le projet qu’ils élaborent :

  • cf. schéma ci-dessous

 

• Qu’est-ce qui rend l’initiative créative et innovante ?

• En quoi apporte-t-elle des solutions à la source du problème ?

• Que devrait être l’approche pour miser sur des stratégies et des interventions multiples ?

• Comment les projets, programmes et services démontrent-ils des pratiques basées sur des données probantes et/ou des pratiques prometteuses ?

• Quels sont les mécanismes qui encouragent la participation de plusieurs secteurs, la collaboration des individus et de tous les groupes communautaires concernés ?

> Des éléments fondamentaux d’une approche intégrée

Evaluer la situation

« L’évaluation situationnelle » consiste à rechercher l’information qui va permettre « de comprendre la source de la problématique et de définir les stratégies communautaires » pour traiter cette problématique. Cette évaluation s’intéresse à la situation et aux besoins perçus, mis en relation avec une situation et des besoins plus globaux, ces derniers amenant à explorer la problématique plus en amont pour « développer des solutions plus près de la source du problème ».

Par exemple, comment comprendre le problème de l’obésité chronique dans toutes ses dimensions ? Les questions suivantes peuvent y aider :

• Pourquoi les gens ne sont-ils pas enclins à pratiquer une activité physique ou adopter une alimentation équilibrée ? Quelles sont les tendances en ce sens ?

• Y-a-t-il des données probantes à ce sujet ?

• Les infrastructures disponibles appuient-elles l’adoption d’un style de vie favorable à la santé dans cette communauté ?

• Les gens ont-ils accès à des aliments sains ? Si non, pourquoi ? Qu’est-ce qui manque à cette communauté pour y avoir accès ?

• Y a-t-il des problématiques sous-jacentes à la situation ? Par exemple, un quartier où la criminalité et la violence règnent est peu propice à l’activité physique

• Qui bénéficie de la situation ?

• Y-a-t-il possibilité de sensibiliser les gens? Y a-t-il de la place pour la prise en charge communautaire? Si non, comment le projet peut-il y contribuer ?

Un autre exemple : dans les communautés rurales, l’automobile représente souvent une dépense importante ; sans elle, les familles n’ont pas accès aux services, à la vie sociale, aux possibilités d’emploi,... Aussi, en situation de précarité économique, « le choix entre la nourriture sur la table au quotidien ou l’automobile familiale se pose constamment ». Comment résoudre la problématique de sécurité alimentaire et ses conséquences dans ce contexte ? en interrogeant notamment les points suivants :

• Comment la mise en commun des ressources pourrait-elle contribuer à la solution ?

• Quelles ressources devraient être mises en commun dans ces circonstances ?

• Y-a-t-il lieu de développer des services de transports alternatifs? De quel type ?

Favoriser le changement

« En général, les peurs associées au changement créent une résistance qui est souvent sous-évaluée ». Il s’agit donc de créer les conditions du changement durant les quatre phases du processus :

• La sensibilisation au changement

• La formation et la responsabilisation des équipes impliquées

• L’élaboration d’une stratégie favorisant des réussites à court terme, l’ancrage de l’approche intégrée dans la culture des organisations

• La mise en œuvre du plan d’action, contrôlée et suivie

L’engagement et la mobilisation des acteurs « vers un changement viable à long terme » requièrent des « stratégies d’accompagnement, de communications engageantes et de supports communautaires ». « Les valeurs, les expériences et les comportements sont des bases d’ancrage au changement » à partir desquelles les compétences vont être renforcées selon « une courbe d’apprentissage adaptée à la capacité de changement de chaque personne impliquée ».

Le processus suivant, favorable au changement (cf. schéma ci-dessous), est-il bien suivi durant le projet ?

 

Tout au long du projet, la prise en compte des besoins spécifiques des communautés « pour surmonter les barrières auxquelles elles font face » se traduit par la mobilisation de leurs ressources et de leurs compétences communautaires ainsi que le renforcement de leurs capacités « pour faire face aux transformations éventuelles ».

Dans ce cadre, « la capacité de collaboration est déterminante » pour que les différentes compétences se mettent au service du projet collectif ; sera donc développé, en situation d’apprentissage commun, le potentiel de prise de responsabilité et de travail d’équipe des différents acteurs impliqués dans le projet.

« La recherche-action participative » est une stratégie efficace pour l’approche intégrée. Axée sur la participation et la responsabilisation des acteurs concernés « pour identifier des problèmes dans la pratique, mettre en œuvre des solutions, surveiller le processus du changement et évaluer les résultats », elle renforce efficacement la capacité au changement : elle « influence positivement la pratique et favorise le transfert et l’appropriation des connaissances nécessaires à la modification des habitudes et méthodes d’interventions qui assurent un changement social viable ».

Plusieurs questions posées au cours de la planification et la mise en œuvre du projet permettent de s’assurer de la prise en compte des éléments nécessaires à sa progression dans une approche intégrée :

• Les ressources humaines et financières nécessaires pour mettre en œuvre l’initiative sont-elles identifiées et mobilisées ?

• Y a-t-il une compréhension commune claire des valeurs, des principes éthiques, des croyances, des approches d’interventions et de collaborations au sein des équipes impliquées ?

• Quel processus favorise la participation égale de tous les acteurs impliqués ? • Comment les décisions doivent-elles être prises pour maximiser la participation de tous ?

• Un plan de communication continu est-il en place ? Met-il l’accent sur un message partagé et la transparence ?

• Une évaluation intégrée à tous les niveaux et toutes les étapes du projet permet-elle une pratique réflexive des acteurs ?

• Les activités de développement des capacités sont-elles présentes à toutes les étapes de l’initiative ?
Trois erreurs communes sont souvent commises qui pénalisent la réussite d’une approche intégrée :
Pour éviter ces erreurs, la démarche implique de :
1/ Les besoins sont sous-estimés parce qu’un seul secteur est impliqué dans le projet
  • Créer des occasions de discussion sur le sujet et inviter les acteurs à exposer leurs points de vue
  • S’informer des avis d’experts sur le sujet
  • Envisager comment créer des partenariats complémentaires avec des organisations susceptibles d’apporter des compétences diverses

2/ Le projet est incomplet pour répondre à la problématique parce que le contexte global de la problématique n’est pas suffisamment exploré et compris (les causes et les effets liés à cette problématique sont donc méconnus)

  • Identifier comment d’autres projets ont approché le même problème
  • Envisager comment contribuer aux collaborations, aux réseaux existants qui s’intéressent à la problématique
  • Apprendre d’autres expériences
3/ Les interventions des différents acteurs manquent de cohésion dans leur approche, des étapes importantes ont tendance à être oubliées, l’esprit de collaboration ne se développe pas, la motivation des acteurs se maintient difficilement, le niveau d’engagement et de mobilisation communautaire est faible parce que l’importance du développement des capacités est sous-estimé
  • Développer le projet en collaboration avec les personnes concernées dès le départ
  • Créer un programme de formation continue des acteurs mobilisés sur le projet
  • Introduire dans leurs apprentissages les capacités de collaboration
  • Discuter des attentes, de la compréhension communes du projet, clarifier les approches d’interventions, les valeurs et les croyances du groupe
  • Évaluer les compétences du groupe selon les besoins de l’initiative
  • Clarifier les rôles respectifs
  • Créer des ententes de partenariats et d’engagement
  • Développer des mécanismes de communication transparents et continus
 

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Le dialogue délibératif
au service de la prévention spécifique
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Le document

CATIE, producteur du présent rapport est "La source canadienne de renseignements sur le VIH et l’hépatite C", « chargée de partager les connaissances, les ressources et l’expertise avec les personnes vivant avec le VIH ou l’hépatite C, les communautés à risque, les fournisseurs de soins de santé et les organismes communautaires en vue de diminuer la transmission des virus et d’améliorer la qualité de vie » (1). En début d’année 2009, l’organisme consulte « un groupe représentatif de responsables de programmes communautaires, de décideurs et de chercheurs impliqués dans des initiatives liées à la santé des gais et au VIH à travers le pays ». Suite à cette première consultation un « dialogue délibératif pancanadien pour la santé des gais » réunit leaders d’opinion, chercheurs, décideurs, membres des communautés et fournisseurs de services dans le but d’explorer les nouvelles tendances en termes de politiques et de programmes de prévention. Le présent document rapporte les résultats de ces échanges ainsi que la méthode employée – le dialogue délibératif – pour y aboutir.

Changement de cap pour la santé des gais et la prévention du VIH au Canada. Dialogue délibératif pancanadien 2010 : rapport / CATIE. Toronto : CATIE, 2010. 36 p.
http://library.catie.ca/PDF/ATI-40000s/40225.pdf
 

 

Des connaissances…

vers la pratique …

> La problématique de santé publique

La prévention du VIH chez les gais s’inscrit dans le contexte général de la santé publique. Or, « ce dernier se concentre sur la santé de la population et la promotion de la santé – des disciplines visant à comprendre et à influencer des facteurs sociaux, structuraux et environnementaux plus élaborés qui gouvernent la santé des individus et des groupes ». Mais les politiques et les programmes de prévention du VIH chez les gais manquent des éléments de connaissances nécessaires à cette approche de promotion de la santé, notamment en matière :

- d’études adoptant des cadres renouvelés d’observation et de compréhension concernant les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. C’est ainsi que « des problèmes de santé et de déterminants sociaux de la santé, qui pourraient influencer le taux d’infections au VIH et qui ont des effets sur la santé générale des communautés gaies, bisexuelles […], ont été relégués au second plan par les chercheurs, les décideurs, les travailleurs de la santé et les responsables des programmes communautaires ». Or, certaines dimensions culturelles complexes évoluent et/ou sont mieux comprises : par exemple les différences entre milieu rural et milieu urbain, "le caractère incertain plus marqué de l’identité sexuelle et des genres chez les jeunes », l’augmentation des sites de rencontre sur Internet, « la population vieillissante ayant davantage de problèmes de santé et de problèmes de santé liés au VIH ».

- de recherches allant au-delà du « thème étroit des changements individuels de comportement liés au VIH ». En effet, les quelques rares études existantes « établissent que les hommes gais sont confrontés à des inégalités considérables dans le domaine de la santé comparé aux hommes hétérosexuels », notamment du fait d’expériences précoces d’isolement et de victimisation. Par exemple, un jeune rejeté par ses parents en raison de son orientation sexuelle doit « trouver un logement, essayer de rester à l’école et trouver des façons de se soutenir financièrement, socialement et psychologiquement. Quelques jeunes se retrouvant dans cette situation sont exposés à plus de violence, de drogues et de situations dans lesquelles ils sont exploités par les autres, ce qui engendre souvent des résultats de santé médiocres ».

- de communication et de partage sur les programmes communautaires novateurs : des approches préventives du VIH doivent être conceptualisées et traduites en programmes concrets, qui tiennent compte des questions de santé et des déterminants sociaux propres à ces populations.

> Les apports du dialogue délibératif

Le dialogue délibératif associant les intervenants impliqués dans la santé des hommes gais et la prévention du VIH a contribué à approfondir les questions relatives aux méthodes d’intervention et aux thèmes de recherche.

La participation de ces nombreux acteurs a aidé :

- à « accroître leurs connaissances des problèmes de santé des hommes gais »

- à « refléter différents points de vue de la santé des gais »

- à « fournir une bonne opportunité de réseautage »

- à accroître leur compréhension d’une approche plus vaste de la santé des hommes gais »

> Les pistes de solution

Le dialogue délibératif a permis d’identifier :

- Des réussites

  • La prévention positive, prenant en compte le bien-être au-delà de la seule prévention de la transmission, permet d’atteindre plus efficacement et conjointement de nombreux objectifs de santé. Cette méthode aide à lever des obstacles entre les hommes séropositifs et les hommes séronégatifs, permettant d’accroître la communication et le partenariat.
  • La transformation d’actions ciblant la prévention du VIH en actions s’intéressant à la santé des hommes gais et bisexuels permet de prendre en compte des questions telles que le stress, la dépression, l’isolement social, la consommation de drogues, etc., dont les recherches démontrent le rôle important à l’égard du bien-être physique, social, sexuel et  psychologique.

- Des changements

  • Partir de l’expérience des nombreux hommes gais menant une vie en santé pour comprendre comment ils y parviennent
  • Développer au sein du système éducatif des espaces sécurisants et favorables pour les jeunes, quelle que soit leur orientation sexuelle.

- Des thèmes de recherche

  • Des résultats présentés dans un langage clair et facilement utilisables
  • Une recherche issue des communautés, mise en pratique dans les programmes et influençant les pratiques de prévention
  • L’analyse des nombreuses connaissances nécessaires au changement, disponibles dans les communautés,
  • Le resserrement des liens entre les communautés et le milieu universitaire afin d’améliorer les capacités de transfert et d’échange de connaissances disponibles dans les communautés
  • Le recueil, la synthèse et l’utilisation des recherches déjà réalisées en vue d’une défense des droits, et du renforcement de la capacité des communautés à faire des demandes de financement
  • Un rééquilibrage en faveur des recherches qualitatives au regard de la surreprésentation des recherches épidémiologiques, afin de développer les connaissances sur les comportements, les identités, l’homophobie et d’autres processus et phénomènes complexes ayant des effets sur les besoins en santé

- Des lacunes de recherche

  • traitant de l’ensemble des influences socio-structurelles sur la santé des hommes gais
  • sur des populations spécifiques
  • à différents niveaux : régional et national, communautaire et organisationnel, individuel et comportemental

- Des problèmes structurels

  • par exemple, le recueil de données par les bailleurs de fonds ne reflète pas toujours le travail des acteurs : l’accent est mis sur les statistiques telles que « le nombre de préservatifs distribués » ou le « nombre de personnes informées » au détriment des données renseignant ce qui se passe au sein des populations et des communautés.

 

> La méthode du Dialogue délibératif

Le dialogue délibératif représente une méthode spécifique dans l’approche d’une problématique de santé publique :

• Il examine plusieurs approches pour résoudre un problème : « le rassemblement de personnes ayant différentes expériences, opinions et valeurs fondamentales permet d’explorer les « zones grises » et de les aborder de façon plus approfondie ».

• Il s’appuie sur l’exploration : « l’aspect délibératif du dialogue permet aux participants d’examiner différentes approches, ce qui peut les aider à s’éloigner des points de vue habituels et à envisager de nouvelles opinions ». Par l’expression des différentes positions, les participants améliorent leur compréhension du sujet ; par la formulation des désaccords et la construction de compromis, ils sont amenés à choisir ce qui est le plus important pour eux et à se mettre d’accord sur des solutions réalisables au vu des forces et faiblesses des différentes options défendues.

• Il vise l’atteinte d’un tournant décisif : « ce tournant est atteint lorsque les participants passent d’une identification uniquement basée sur leur point de vue et envisagent la possibilité d’une compréhension commune et collective de la question abordée ».

> Le processus de Dialogue délibératif illustré

Commandité conjointement par la Société canadienne du sida, la Coalition santé arc-en-ciel Canada, le projet de recherche "Sexualité, vulnérabilité et résilience" de l’Université McGill et le Community-Based Research Centre, le processus s’est déroulé sur un peu plus d’un an en 7 étapes :

1/ La consultation initiale sur la santé des hommes gais, réalisée à l’échelle nationale, s’est appuyée sur deux groupes de travail associant des responsables de programmes communautaires, des décideurs et des chercheurs impliqués dans des initiatives de santé et de prévention du VIH pour les hommes gais :

• Un groupe en charge de l’organisation de la réunion satellite du Dialogue délibératif national pour la santé des hommes gais

• Un groupe en charge de la rédaction d’un document stratégique proposant des mesures, notamment pour inscrire les programmes de prévention et les recherches dans le cadre global de la santé et du bien-être.

2/ La réunion de chercheurs s’intéressant aux questions touchant les hommes gais avait ensuite pour but de déterminer dans quelle mesure une approche de recherche plus coordonnée était pertinente : les discussions ont fait apparaître le besoin de réorienter les priorités de financement vers la recherche en sciences sociales et dans une approche plus globale en termes de santé des hommes gais

3/ La phase de développement et de promotion a vu ledéploiement de trois types d’activités :

• La participation du personnel de CATIE aux deux sommets de Toronto et Vancouver et aux conférences régionales sur la santé sexuelle des hommes gais afin d’encourager les implications dans la démarche de Dialogue délibératif et d’identifier les enjeux locaux quant à la santé des hommes gais et aux programmes de prévention contre le VIH

• L’identification et l’invitation au Dialogue délibératif de participants représentatifs

• La planification de séminaires multimédias interactifs préalables au Dialogue délibératif et la sollicitation de personnes ressources susceptibles de les conduire

4/ La phase de recherche et d’apprentissage visait à perfectionner les connaissances des participants à la réunion satellite en matière d’évolution de la prévention du VIH et de l’état actuel des programmes et des recherches de santé concernant les hommes gais au Canada ; collaboraient à cette phase préparatoire des chercheurs et des coordonnateurs de programmes

5/ La réunion satellite du Dialogue délibératif a rassemblé de manière équilibrée des chercheurs, des décideurs, des responsables de programmes et des travailleurs de première ligne ainsi que des représentants régionaux et de « groupes ethno raciaux ». Cette réunion avait pour objectifs :

• d’« appuyer la collaboration des chercheurs et des responsables de programmes communautaires afin qu’ils identifient les lacunes dans la recherche et les programmes »

• de mettre l’accent sur les domaines de collaboration »

• d’« établir un accord quant aux priorités de recherche et aux besoins en échange et en transfert des connaissances liées à la santé des hommes gais, y compris la prévention du VIH »

6/ La conférence "Au premier plan" dédiée au perfectionnement des compétences s’est ouverte à de nombreux autres participants ; elle a permis :

• en plénière, la présentation par les conférenciers du Dialogue délibératif de leurs principales idées et des conclusions sur la santé des hommes gais et la prévention du VIH

• en ateliers interactifs, l’appropriation par les participants des réflexions et des points de vue ressortis des discussions du Dialogue délibératif

7/ Le transfert des connaissances issues du Dialogue délibératif se fera au travers de :

• la diffusion du rapport final

• l’organisation d’autres ateliers et sommets à travers le pays

• la publication de deux rapports complémentaires : l’inventaire des programmes offerts à travers le Canada et les « Mesures pour la santé et le bien-être des hommes gais au Canada »

• la recherche d’opportunités d’ateliers et de conférences régionales pour établir un consensus plus détaillé sur la défense des droits, les programmes et la recherche dans le domaine de la santé des hommes gais

(1) « Depuis plus de 20 ans, CATIE travaille à fournir de l’information qui permet aux personnes de faire des choix avertis concernant leur santé et aide les fournisseurs de soins de santé et autres organismes de première ligne à répondre aux besoins de leurs clients. Nous assurons :
1. Le développement et le partage des ressources d’information :
•En offrant des ressources en ligne et en version imprimée gratuites, en anglais et en français, par le biais du Centre de distribution de CATIE (www.catie.ca) ;
•En fournissant toute une gamme de conférences, d’Instituts d’apprentissage et d’ateliers ;
•En offrant des services de renseignements confidentiels par téléphone et par courriel, en anglais et en français.
2. Le renforcement des capacités des communautés et des réseaux ;
•En fournissant des conférences et des ateliers qui répondent aux besoins spécifiques des communautés ;
•En travaillant avec les fournisseurs de services de première ligne pour renforcer leur capacité à répondre aux besoins de leurs clients ;
•En impliquant différentes communautés (comme les personnes autochtones, les jeunes et les hommes gais). 3. Le rapport entre la recherche et la pratique :
•En favorisant la collaboration entre les chercheurs et les travailleurs de première ligne par le biais de conférences et d’ateliers ;
•En contribuant au travail des comités consultatifs de la recherche ;
•En fournissant tout derniers résultats de recherche par le biais de nos publications internationalement connues.
 »
http://www.catie.ca/Fre/AproposCATIE/AproposIndex.shtml

 

IREPS (Instance régionale d'éducation et de promotion de la santé) Bretagne
4 A rue du Bignon - 35000 Rennes
tél : 02 99 50 64 33 / courriel : contact@irepsbretagne.fr